« L’envie de partenariat avec la population locale, le respect de leur identité » - La pépinière de la solidarité internationale

« L’envie de partenariat avec la population locale, le respect de leur identité »

A la formation destinée aux tuteurs qui a eu lieu le 3 et le 4 février, j’ai rencontré Yann, Cath et Thomas, de St Étienne et Paris. L’une pense devenir Pépin, tandis que les deux autres sont prêts à s’investir dans la Pépinière en tant que tuteurs. Ils nous racontent.

Yann : J’ai 58 ans, je suis ingénieur, j’ai travaillé pendant 35 ans dans le conseil et dans la banque, et aujourd’hui j’ai souhaité m’investir dans des causes qui me tiennent à cœur, qui correspondent à mes valeurs. J’ai fait une formation d’ingénieur en informatique, et docteur ingénieur en économie, une double formation en fait.

Cath : Je suis enseignante en école de musique, dans le spectacle vivant. J’ai souhaité m’investir parce que Bernard (Cabut) est un ami de longue date, quand il a annoncé l’idée de créer cette équipe à Saint-Etienne ça me semblait un projet intéressant, sachant que je le connais lui et son parcours depuis très longtemps.

Thomas : J’ai 37 ans et je travaille dans le social, je suis éducateur auprès d’adolescents et enfants autistes. Et pareil je connais Cath et Bernard depuis un moment, et pour l’instant mon engagement dans l’association n’est pas très défini. Mais c’est vrai que de faire ça avec des gens en qui j’ai confiance, ça me donne envie de faire des projets qui apportent de bonnes choses à l’international. La solidarité internationale, c’est rencontrer des personnes différentes, d’autres cultures, mais dans la rencontre et l’échange, pour faire simple.

Cath : Pour moi c’est simplement partager des moments de vie pour rencontrer des humains et faire des choses ensemble.

Yann : L’échange c’est aussi important, et apporter sa graine à la transformation du monde. Avoir un petit geste qui contribue à ce que le monde soit un petit peu différent et un petit peu meilleur. J’ai découvert la Pépinière par le biais de contacts, de réseaux, et effectivement là où j’attache beaucoup d’importance ce sont les personnes que je rencontre. Je veux être sûr que ça corresponde à mes valeurs, et ensuite qu’il y ait avec les personnes que j’y trouve un côté enrichissement mutuel, et c’est ce que j’ai trouvé chez Frères des Hommes.

« Nous on est du bon côté »

Cath : Suivant où on est dans le monde, on n’a pas les mêmes chances ; nous on est du bon côté. J’ai beaucoup voyagé à l’étranger pour y travailler, ça m’intéresse plus que le tourisme. Je faisais la vaisselle, de la restauration… Surtout en Europe, mais souvent dans des terres où j’étais intégrée comme ça dans la vie. Je suis partie en Hongrie avec une amie hongroise qui faisait de la musique avec moi, et j’étais immergée dans la famille. Ça change tellement la vision des choses, quand on vit avec les gens… Ça ne m’intéresse pas de faire du tourisme, si je vais à l’étranger c’est pour faire des choses avec les gens sur place, et avoir du coup accès à leur culture.

Thomas : Pour ma part je dirais que j’avais un peu laissé ça de côté je pense, et que là depuis quelques années la question de l’égalité entre les hommes et les femmes m’a interpellé. Peut-être parce que j’ai l’impression que la situation se durcit, que les peuples se replient plus, j’ai peur que les gens aient moins envie de se rencontrer, aient peur de se rencontrer, se disent « c’est pas la peine de se rencontrer ça attire que des problèmes. » J’ai l’impression qu’il y a une espèce d’ambiance générale qui fait que tout le monde reste un peu sur ses certitudes et n’a plus envie de prendre le risque de se rencontrer.

« Ça m’a fait adhérer tout de suite »

Yann  : Jusqu’à peu je n’avais pas d’expériences en solidarité internationale. J’ai choisi l’accompagnement parce que c’est quelque chose que j’ai fait dans le cadre professionnel, puis j’aime bien accompagner et aider à développer. J’ai donc trouvé que le rôle de tuteur y répondait bien, je pense qu’en plus le côté intergénérationnel m’intéresse aussi. Mais pourquoi pas à terme être pépin, je suis complètement ouvert à ça, le problème c’est que je n’ai aucune idée pour le moment, en étant tuteur ça fera peut-être germer des idées.

Cath : Je ne suis pas très déterminée sur mon envie, tuteur ou pépin, c’est un peu pour ça que je suis venue à la formation, pour que ça se clarifie. Et je crois que je ferais bien pépin.

Thomas : Aujourd’hui je dirais plutôt tuteur dans un premier temps, ma vie personnelle et professionnelle me fait penser que je ne peux pas me dégager tout de suite de temps pour partir. Ça me semble pas possible tout de suite, ça veut pas dire que ça ne le sera pas, du coup il me semble qu’accompagner plutôt des gens qui ont envie de faire un projet sur l’extérieur, les aider à construire ça, me semble plus réaliste, et motivant à faire.

Cath : Ce qui me paraît particulier dans Frères des Hommes. C’est le désir de partenariat avec la population locale, le respect de leur identité.

Yann : J’aime bien les valeurs, mais ça n’est pas suffisant. J’aime bien l’équipe, c’est important que je me sente à l’aise dans un environnement, je trouve que Frères des Hommes c’est à taille humaine donc c’est aussi important… On n’a pas l’impression d’être dans une grosse mécanique. Ce que j’aime bien aussi c’est ce côté où Frères des Hommes se questionne par rapport à son évolution dans le temps, le fait d’avoir créé la Pépinière, je trouve que c’est une super idée, ça m’a fait adhérer tout de suite, c’est un ensemble de circonstances qui font qu’on a envie de continuer et de s’investir.

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