“Au final, on est tous pareils”

Marine et Clémence se rencontrent à l’université à Paris où elles étudient la géographie. après plusieurs mois de préparation, elles réalisent leur projet au Sénégal, accompagnées par la Pépinière : participer au montage d’une banque de semences et réaliser un documentaire sur l’agroécologie.

« On était deux "Pépins", on est parties le 2 juillet 2017, on est rentrées le 13 août, 6 semaines complètes, au Sénégal à Meckhé, à 3h de Dakar. » C’est la 1re fois en Afrique pour toutes les deux. la préparation du projet s’est faite avec Ndiakhate Fall, le secrétaire général de l’Union des Groupements Paysans de Méckhé (UGPM, partenaire de Frères des Hommes), qui accueille marine et Clémence. L’apport de Solène Isola (de l’équipe bénévole de la Pépinière à Paris), leur tutrice, est aussi primordial. « Solène nous a énormément rassurées, elle a toujours été une oreille attentive, très rassurante. Elle nous apportait des idées ou nous soutenait quand on lui en proposait. »

Solène Isola, tutrice de Clémence et Marine

Il faut convaincre

L’arrivée à Méckhé, dans la campagne sénégalaise, les ébranle un peu. Il faut convaincre : « On disait qu’on avait un vrai projet, qu’on ne venait pas faire du tourisme. » Accompagnées d’un animateur de l’UGPM, elles se rendent dans le village de Lissar, là où se trouve un de ses groupements les plus actifs et là où sera construite la banque de semences. Elles se rendent compte de la réalité, discutent avec les habitants. Elles vont finalement adapter et modifier leur projet sur place, au fur et à mesure des discussions.

L’implication dans le projet

Grâce à la collecte lancée en France avant leur départ et au soutien de 40 contributeurs, elles arrivent à Méckhé avec un budget d’1 million de francs CFA (1 530 €), réparti entre la construction de la banque de semences et l’achat de semences paysannes et d’animaux. Cette répartition se fait collectivement, avec les villageois : « On ne pensait pas qu’ils nous impliqueraient autant dans la décision. Tout ce qu’on proposait, on en discutait avec les animateurs de l’UGPM, eux aussi faisaient des propositions et quand on en a discuté avec les habitants de Lissar, certains n’étaient pas d’accord. On faisait des votes à main levée. »
Tous ces moments sont filmés par Marine et Clémence : « Ils nous ont beaucoup vues avec notre caméra, on la transportait un peu partout, on l’emmenait dans les champs. » Le but est que leur documentaire serve à l’UGPM pour communiquer sur ses activités et au retour en France pour sensibiliser les proches et amis des deux Pépins sur le Sénégal et l’agriculture paysanne dans le pays.

Le regard

Au final, la découverte mutuelle a pris du temps : « Avec nous ils se sont rendus compte de tous les bénéfices que ça pouvait être pour eux d’accueillir des "Pépins" et de monter des projets comme ça ; rien que le fait que des gens viennent de France s’engager à leurs côtés avec nos vidéos ou la somme qu’on a amenée. » Pour Marine et Clémence la conclusion est très instructive : « La meilleure chose qu’on ait réalisée là-bas, c’est que les gens sont comme nous en France. il y a de tout. On a rencontré des personnes très accueillantes, très sympas et d’autres très hautaines. on a senti qu’on était allées au-delà des clichés. Au final, on se rend compte qu’on est tous humains, qu’on est tous pareils. »

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