Inde : "Sensibiliser les Pépins sur notre réalité" - La pépinière de la solidarité internationale

Inde : "Sensibiliser les Pépins sur notre réalité"

Usha Ravikumar, coordinatrice des programmes de Fedina, organisation partenaire de la Pépinière en Inde, était présente aux Journées AVEC. Après s’être longuement entretenu avec deux Pépins qui souhaitent réaliser un projet avec Fedina, elle s’est confiée sur ce qu’elle attendait de sa future relation avec les Pépins.

Qu’attend Fedina de sa participation dans le dispositif de la Pépinière, de sa participation dans la Pépinière ?

Tout d’abord de sensibiliser le Pépin que l’on accueille sur les causes que nous défendons. Ensuite, d’avoir un échange enrichissant avec lui. Les Pépins vont vivre auprès des communautés locales, ils vont témoigner de leur situation, de leur mode de vie, ils vont interagir afin d’en apprendre plus sur elles et sur la situation qu’elles traversent. C’est ce que j’attends de la Pépinière et des Pépins.

Est-ce que tu attends des interactions entre le Pépin et les populations locales en Inde ? Quelle interaction, quelles échanges attends-tu ?

Je m’attends à ce que les interactions portent sur leur mode de vie respectif, leur condition sociale. Notre rôle, c’est de faire en sorte que le Pépin interagisse avec les populations locales. Il n’y aurait aucun intérêt, pour le Pépin comme pour nous, à ce qu’il reste dans les locaux de Fedina. L’apprentissage ne peut se faire qu’au contact des communautés locales. Ce n’est qu’auprès d’elles que le Pépin pourra en apprendre sur leur mode de vie et les problèmes auxquelles elles sont confrontées.

Qu’est-ce que les groupes de travailleurs pourraient attendre en échangeant avec les Pépins ? Qu’est-ce que les Pépins pourraient leur apporter ?

Lors du projet Pépin qui a eu lieu en Mars 2018 (En Avant Toutes !), les Pépins ont interagi avec les populations locales et en particulier les femmes. Ils ont utilisé différentes méthodes reposant sur l’art et le théâtre pour encourager ces personnes à s’exprimer. En temps normal, elles sont tellement occupées, entre leur vie domestique, leur famille, leur travail, leurs difficultés économiques, qu’elles n’ont pas le temps d’exprimer leur joie, leurs revendications, ou bien sur la manière dont elles souhaiteraient passer leur temps libre. Grâce aux ateliers des Pépins, qui étaient étalés sur trois semaines, elles ont pu se réunir, s’exprimer sur la politique, sur l’avenir qu’elles souhaiteraient pour leurs enfants. En temps normal, elles ont des restrictions, mais les nouvelles méthodes introduites par les Pépins les ont permis de passer du temps et prendre du plaisir ensemble.

Qu’est-ce qu’ont appris sur la France les femmes avec lesquelles les Pépins ont interagi ?

Beaucoup d’entre elles ne se doutaient pas que les femmes en France étaient aussi victimes de violence et pensaient que c’était juste en Inde. Les Pépins ont apporté des informations sur les violences faîtes aux femmes en Europe, et cela a été très surprenant pour elles. Grâce à cela, elles ont pu réaliser qu’elles n’étaient pas seules, et cela a mis en avant la solidarité internationale et la possibilité de travailler tous ensemble pour mettre fin aux violences dont les femmes font l’objet.

Tu as rencontré les autres partenaires, les pépins et les tuteurs (mentors), selon toi, quel est le rôle de Fedina au sein de ce dispositif ?

Notre place est d’accompagner le Pépin dans le développement et la réalisation de son projet. Pour cela, il est important que nous échangions souvent avec le Pépin pour qu’il puisse connaître le contexte local et ainsi construire un projet avec en tête ce que les communautés locales ont besoin. Mais, il ne faut pas non plus que nous influençons trop, car nous avons besoin qu’il apporte de nouvelles idées, comme les précédents Pépins l’ont fait.

Tu as passé 4 jours à travailler avec la Pépinière. Qu’est ce qui t’as marqué après ces 4 jours ?

C’était vraiment surprenant de voir toutes ces personnes qui ont pris de leur temps pour discuter et partager avec des personnes provenant de pays étrangers. Il y avait des personnes très jeunes, des étudiants, et ils avaient vraiment envie d’en apprendre plus sur nos expériences. On ressentait cet esprit de solidarité internationale, j’ai beaucoup aimé cela.

Qu’est-ce que tu retiens le plus des ateliers qui ont eu lieu tout au long des Journées AVEC ?

Grâce aux différents ateliers, il est plus facile maintenant de comprendre le rôle du Pépin, du tuteur et notre rôle. Alors qu’avant il pouvait y avoir une confusion, c’est beaucoup plus clair maintenant. J’ai une meilleure compréhension du dispositif et je vais pouvoir la ramener en Inde à Fedina, et les projets avec les Pépins n’en seront que meilleurs.

Quel sera la prochaine action de Fedina concernant la Pépinière ?

Deux Pépins souhaitent réaliser deux projets en Inde qui auraient lieu en Juin et en Août. En mars, le développement des deux projets devrait avoir commencer, et nous allons commencer à nous préparer pour accueillir le Pépin et préparer les communautés locales à travailler avec eux.

Partager

facebook twitter